C’est peut-être le bleu de ce coin de mur, rue Désiré Ruggiéri, qui a d’abord attiré mon regard… à moins que ce ne soit son reflet, plus pâle, suggéré, plutôt inventé, par la lumière qui vient s’y cogner en oblique, ou encore l’histoire sous-jacente, du recouvrement dérisoire, sans cesse recommencé des traces importunes, la possibilité d’extraire ou d’abstraire ce pan de sinistre réalité urbaine… Je n’y ai sans doute pas beaucoup pensé quand je l’ai saisi là, au cours d’une balade dans mon quartier. La lumière, la couleur, le dialogue des couleurs, l’équilibre graphique pourraient être théorisés. C’est ce qui compte, bien sûr, mais à condition qu’ils soient pris dans une histoire, un ressenti, une rencontre, un instant, qu’ils laissent place à la réalité et à l’humain.